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Découvrez notre dernière interview avec Amand Abban, Responsable de la banque digitale et des canaux de distribution alternatifs chez Advans Ghana Savings & Loans, qui partage son analyse sur la manière dont l’innovation numérique transforme les services financiers, du crédit digital aux paiements et aux encaissements. À travers cette discussion, Advans, acteur majeur de la microfinance internationale, met en lumière son engagement en faveur de l’inclusion financière en Afrique, en soutenant le développement de solutions innovantes au service de l’entrepreneuriat local.
Nous venons de lancer le crédit digital. Pourquoi s’agit-il d’une étape majeure pour Advans Ghana ?
Pour nous, chez Advans Ghana, le crédit basé sur la donnée représente un véritable tournant stratégique. Nous sommes convaincus qu’il existe un fort potentiel pour accélérer significativement la croissance de notre portefeuille brut de prêts (GLP), en nous appuyant sur les prêts digitaux destinés à nos clients. Notre objectif est de pouvoir proposer ces prêts via des décisions de crédit automatisées. Pour cela, nous allons exploiter l’intelligence artificielle afin d’analyser de multiples sources de données : les informations issues des bureaux de crédit, les données transactionnelles des comptes clients, l’historique des transactions mobile money, ainsi que certains comportements observés sur les plateformes de réseaux sociaux. Nous utiliserons autant de données que possible afin d’établir un score de crédit fiable pour chaque client, ce qui nous permettra ensuite de leur accorder des prêts dans le cadre de notre offre de crédit digital. Nous abordons ce projet en deux phases. La première consistera à proposer ces prêts digitaux à nos clients existants. Une fois le modèle éprouvé et les enseignements tirés de notre expérience de crédit, nous étendrons cette offre à des clients externes.
Qu’est-ce que cela change en matière de gestion des risques ?
Du point de vue du risque, comme mentionné précédemment, nous allons nous appuyer fortement sur l’IA et sur un grand nombre de points de données afin d’obtenir des scores de crédit aussi précis que possible. En ce qui concerne le décaissement, nous adopterons une approche progressive. Les primo-emprunteurs pourront accéder à des montants limités. Une fois le prêt remboursé et leur historique de remboursement et leur solvabilité démontrés, nous pourrons leur accorder des montants plus importants. Cette approche nous permet d’analyser et de construire progressivement l’historique de crédit de nos clients avant de leur octroyer des prêts de plus grande envergure.
Pouvez-vous nous parler de votre solution USSD de collecte de paiements ?
Chez Advans Ghana, la solution USSD de collecte constitue un moyen simple et fluide de fournir à nos clients professionnels un canal de paiement digital via un code court unique. Elle évite à nos clients d’avoir à gérer plusieurs cartes SIM marchandes de différents opérateurs mobiles pour collecter des paiements. Grâce à un seul code USSD, ils peuvent recevoir des paiements depuis toutes les plateformes de mobile money. Pour Advans Ghana, cette solution nous positionne comme une institution financière au point de vente, nous impliquant directement au moment même de la transaction, et nous faisant évoluer d’un rôle de collecteur post-vente vers un acteur intégré dans le processus de paiement.
Selon vous, qu’est-ce qui stimule l’innovation des paiements au Ghana ?
De nombreuses évolutions sont en cours dans l’écosystème digital ghanéen. Toutefois, l’innovation dans les paiements est principalement portée par la demande des clients pour des solutions de paiement plus rapides, fiables et abordables. Aujourd’hui, le Ghana compte environ 20 millions d’utilisateurs actifs de comptes mobile money. Les autorités de régulation jouent également un rôle clé. Les lignes directrices sur la fintech, les licences de crédit digital et le modèle de sandbox mis en place par la Banque centrale visent à encourager l’innovation tout en garantissant un cadre sécurisé pour le secteur des paiements. Enfin, l’infrastructure existante constitue un levier fondamental. Le switch national est devenu la base sur laquelle de nombreuses innovations se développent, notamment grâce à l’interopérabilité récemment introduite dans le pays.
Quelles sont les tendances actuelles des paiements en Afrique de l’Ouest ?
À l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, l’innovation dans les paiements est principalement tirée par l’adoption croissante du mobile money. Nous observons également une augmentation des paiements transfrontaliers, avec des initiatives telles que le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System), ainsi que l’intégration directe des transferts de fonds vers les comptes mobile money et bancaires. Les paiements par QR code se développent aussi fortement, soutenus par l’interopérabilité rendue possible grâce aux connexions avec les switches nationaux. L’ensemble de ces facteurs façonne les tendances actuelles des paiements en Afrique de l’Ouest.
Comment Advans Ghana compte-t-elle tirer parti de ces opportunités ?
Chez Advans, nous adaptons activement notre stratégie à ces évolutions. Nous travaillons notamment sur l’évolution de notre application mobile MyAdvans, avec l’objectif de proposer l’auto-enrôlement des clients via l’eKYC et d’autres fonctionnalités, afin de rester alignés avec les transformations de l’écosystème. Par ailleurs, au sein du groupe, plusieurs filiales sont déjà connectées aux switches nationaux afin de tirer pleinement parti de l’interopérabilité des paiements et d’offrir à nos clients des canaux de paiement fluides et performants. Enfin, des discussions sont en cours pour établir des partenariats avec des fintechs, afin de faciliter le passage à l’échelle et de tirer parti de technologies existantes pour répondre rapidement aux besoins de nos clients.
Pour aller plus loin, découvrez également l’interview de Julien Mahé sur la manière dont Advans affirme son engagement en matière de protection des clients, notamment à travers la Certification Argent obtenue par Advans Côte d’Ivoire