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Dans un contexte où la digitalisation rapide de l’Afrique redéfinit profondément l’accès aux services financiers, les solutions mobiles jouent un rôle central dans l’adoption de nouveaux usages. Elles offrent aux clients la possibilité de consulter leurs soldes, suivre leurs transactions et effectuer des opérations à distance, de manière simple, sécurisée et disponible 24h/24.
Ces innovations contribuent directement à renforcer l’inclusion financière en Afrique, notamment pour des populations jusque-là éloignées du système bancaire traditionnel.
Dans cet entretien, nous mettons en lumière MyAdvans, notre principale application destinée aux clients, à travers le regard de Dorian Pratmarty aujourd’hui, coordinateur du programme de transformation digitale AIR+ pour Advans Congo, qui a joué un rôle clé dans le déploiement et l’adoption par les utilisateurs de l’application client d’Advans ainsi que d’autres services USSD, tels que Mobibank au Ghana, lorsqu’il était Product Owner au sein d’Advans International. Il y partage son expérience, les défis rencontrés ainsi que les impacts concrets de ces solutions sur l’accès aux services financiers.
Quel a été ton parcours au sein d’Advans ?

J’ai rejoint Advans Ghana en 2020 dans le cadre d’un VIE de deux ans, au sein du département Business Development. J’y ai travaillé sur le développement de canaux de distribution alternatifs, notamment les services USSD dans le cadre du projet Mobibank.
Mes missions portaient sur la migration de l’ancien service vers une nouvelle plateforme, la conception du nouveau parcours utilisateur, ainsi que l’accompagnement du déploiement et de la mise en production du service.
Par la suite, j’ai également travaillé sur un second canal de distribution, le réseau des field collectors, également appelés Mobile Banking Officers. Ces agents se déplacent chez les clients pour collecter remboursements de prêts et épargne, afin de faciliter l’accès aux services financiers. Dans le cadre du projet AIR+, ces opérations, auparavant réalisées sur papier, ont été digitalisées grâce à une application mobile permettant l’enregistrement des transactions en temps réel. Après un passage de 3 années au siège d’Advans International, je suis reparti en filiale pour devenir coordinateur du programme de transformation, en charge du déploiement d’AIR+ au sein d’Advans Congo.
Avant de nous présenter MyAdvans, pourriez-vous nous parler des services USSD que nous proposons au sein du groupe, en particulier Mobibank dont vous avez piloté le lancement au Ghana.
Le projet Mobibank d’Advans est un service de banque mobile qui permet aux clients d’effectuer des opérations bancaires via un menu accessible par code USSD. Lancée en 2022, la dernière version de Mobibank totalise 99 100 abonnés. L’USSD est une technologie gratuite pour le client, proche du SMS : elle fonctionne via le réseau téléphonique, avec des échanges de données très limités, sans nécessiter de connexion internet ni installation sur le téléphone. Accessible depuis tout type de téléphone, il permet notamment de consulter son solde, effectuer des transferts ou payer des services. Mobibank rend ainsi les services financiers simples, rapides et accessibles, y compris aux populations ne disposant pas de smartphone.
Pouvez-vous nous présenter MyAdvans en commençant par nous rappeler quand l’application a été lancée et quelles filiales en bénéficient aujourd’hui ?
MyAdvans est une application mobile bancaire, similaire à celles proposées par les banques traditionnelles. Avant le lancement du programme Air+, ce type d’application existait uniquement au sein de notre filiale Advans La Fayette, où le contexte des services financiers digitaux est très compétitif.
Le développement de MyAdvans s’inscrit dans un contexte où les usages digitaux, notamment les paiements électroniques, sont particulièrement matures en Afrique de l’Ouest, rendant ce type d’application très pertinent du point de vue de l’expérience client.
C’est dans ce contexte que la Côte d’Ivoire est devenue le premier pays de lancement de MyAdvans. L’application y a été lancé officiellement en août 2024, avant d’être déployé au Ghana en novembre 2024.
Aujourd’hui, l’application bénéficie d’un déploiement progressif, en tenant compte à la fois des contraintes réglementaires locales et de la maturité des écosystèmes digitaux de chaque filiale.
Pour répondre à quels besoins cette application a-t-elle été développée ? Pour quel(s) type(s) d’utilisateurs ? Pourriez-vous nous dire à peu près combien de clients l’utilisent activement aujourd’hui ?

MyAdvans a été développé avant tout pour répondre à des besoins de digitalisation et de modernisation de nos services. En effet, cette application s’inscrit dans la continuité des services USSD que nous proposions jusque-là. Contrairement à l’USSD, une application bancaire mobile offre de nombreux avantages : elle permet de proposer une expérience utilisateur plus riche et plus intuitive, et surtout beaucoup plus sécurisée.
Au-delà de la sécurité, MyAdvans répond aussi à un besoin d’élargissement de l’offre de services digitaux. Elle permet d’aller beaucoup plus loin que l’USSD : ouverture de compte, demandes et simulations de crédit, parcours de crédit digital, consultation détaillée des opérations… L’expérience est globalement plus confortable et plus complète pour le client.
Enfin, MyAdvans répond également à un enjeu d’image et de positionnement pour Advans. Disposer d’une application mobile bancaire contribue à renforcer notre réputation en tant qu’institution moderne et innovante. Au Ghana, par exemple, nous avons été parmi les premières institutions de « Savings & Loans », (d’épargne et de crédit) à proposer une application mobile destinée aux clients, alors que ce type d’outil était auparavant réservé aux banques. Cela envoie un message fort à nos clients : nous investissons dans des solutions digitales sécurisées et nous sommes en avance sur notre marché. Cette dynamique se reflète dans l’adoption de l’application, avec 8300 clients souscrits en Côte d’Ivoire en mars 2026 et 7000 au Ghana en avril 2026, confirmant l’intérêt croissant des clients pour ce type de service.
De quelle manière une entreprise comme Advans, peut-elle sécuriser les données personnelles de ses clients, face aux enjeux de cybersécurité ?
La question de la sécurité a été un élément clé dans le développement de MyAdvans. Dans des contextes où les risques de fraude existent, il est essentiel pour une institution comme Advans de mettre en place des dispositifs solides, à la fois côté client et côté système.
Du côté des clients, nous appliquons des standards de sécurité éprouvés. L’accès à l’application repose sur des mots de passe complexes, et les utilisateurs peuvent également se connecter via des solutions de biométrie, comme l’empreinte digitale ou la reconnaissance faciale (Face ID), selon les capacités de leur téléphone.
Pour les opérations sensibles, notamment les transactions d’un montant élevé, nous avons mis en place des OTP (One Time Password). Concrètement, lorsqu’un client initie une opération importante, il reçoit un code unique par SMS, qu’il doit saisir pour valider la transaction. Sans ce code, l’opération est automatiquement bloquée. Cela permet de s’assurer que la personne à l’origine de la transaction est bien le titulaire du compte.
Nous avons également instauré des limites quotidiennes, à la fois en nombre et en volume de transactions. Ces plafonds constituent une protection supplémentaire : en cas de vol de téléphone ou d’accès frauduleux, ils empêchent qu’un compte soit entièrement vidé en une seule journée.
Côté technique, la sécurité est également assurée au niveau des systèmes. Les échanges via les API sont chiffrés selon les standards en vigueur et le backend est protégé par des connexions sécurisées, notamment via des VPN, garantissant la protection des données clients tout au long de leur parcours.
En résumé, la cybersécurité chez Advans repose sur une approche globale : protection des accès clients, sécurisation des transactions et robustesse de l’infrastructure technique, afin d’offrir des services digitaux à la fois pratiques, modernes et fiables.
Pouvez-vous revenir sur votre parcours jusqu’à votre poste actuel, puis nous expliquer votre rôle aujourd’hui, notamment dans le cadre du déploiement d’AIR+ au Congo, dernière étape de la transformation digitale du groupe ?
Aujourd’hui, j’occupe le rôle de coordinateur du programme de transformation AIR+. À ce titre, je travaille en étroite collaboration avec David Fidami, le directeur de la transformation, dont je suis en quelque sorte le bras droit. Mon rôle consiste principalement à le décharger d’une partie des aspects opérationnels, afin qu’il puisse se concentrer pleinement sur les enjeux stratégiques et business du programme AIR+.
Concrètement, je me positionne comme un appui transversal, à la fois sur la structuration des projets locaux et sur les sujets IT. En RDC, par exemple, une des priorités actuelles est le lancement d’un service USSD. J’accompagne ainsi les équipes locales en apportant un cadre méthodologique de gestion de projet, afin d’accélérer le déploiement et de sécuriser les différentes étapes. Le pilotage fonctionnel et business est en partie assuré par les équipes locales, avec le soutien des Business Analysts du groupe, notamment Christine Guyard (Responsable Solutions et Processus Business). De mon côté, j’interviens peu sur ces aspects pour le moment.
Dans le cadre du déploiement d’AIR+ en RDC, qui constitue une étape majeure de la transformation digitale du groupe, je porte donc plusieurs casquettes : accompagnement méthodologique, coordination IT et appui opérationnel.
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Le VIE (Volontariat International en Entreprise) est un dispositif français qui permet à de jeunes professionnels de travailler à l’étranger pour des entreprises françaises et d’acquérir ainsi une expérience internationale.
« Savings & Loans » désigne une catégorie d’institutions financières au Ghana, plus solides que les institutions de microfinance et proposant des produits d’épargne, tout en étant mieux adaptées aux besoins des petits entrepreneurs que les banques commerciales traditionnelles.